Chez Luc (brèves de comptoir)

"Chez Luc", le bar où l'on peut venir bavarder ensemble à propos des choses qui fâchent, ou qui réjouissent, ou qui émeuvent ... Je vis près d'Avignon, en Provence. J'ai trois bons copains qui viennent au bar pour nous raconter la dernière du jour : Jack, de Belinto en Provence, Patrick, d'Audierne en Bretagne, et Philippe, de Piriac en Bretagne du sud (qu'on appelle aussi "Pays de Loire").

Les auteurs (le patron et les habitués)

Photo Luc

Luc, Avignon

Photo Padraig

Padraig, Audierne

Photo Jack

Jack, Belinto

Photo Philippe

Philippe, Piriac

dimanche 3 août 2008

Elle est arrivée !




Cela faisait une trentaine d'année que j'attendais ce moment. Samedi, on a été chercher ma belle D-18 au magasin. Elle venait d'arriver. Jean-Louis l'avait préparée. Il avait réglé le manche juste bien, pour que les cordes soient le plus près possible des frettes, mais sans que ça frise. Comme ça, les notes "sonnent" avec pureté sans qu'on ait besoin d'appuyer dessus comme un sourd.

Elle est très très belle, dans sa valise de voyage d'origine.

Et puis le son ...

J'ai joué de la guitare quand j'étais jeune. Et puis je me suis acheté une Yahama avec des cordes nylon. Et c'était très dur avec un manche aussi large, et le résultat était plutôt décevant. Alors, j'ai continué à gratter un peu, comme ça, de temps en temps. Et puis un jour, il y a très longtemps, j'ai eu une Martin entre les mains. Et là, ça a été presque "magique". Les notes jouaient toutes seules. Les accords "sonnaient" comme ceux de Nick Drake ou de Donovan. Et, tout d'un coup, j'ai su instantanément jouer comme un dieu.

En rentrant à la maison, j'ai repris ma Yamaha. Mais c'était tout aussi pourri qu'avant ... Alors je me suis promis qu'un jour, plus tard, moi aussi j'aurai une Martin, et que la magie reviendrait.

Sachant que la D-18 allait arriver, j'ai ressorti ma Yamaha pleine de poussière, et je me suis un peu dérouillé les phalanges. Et aussi, j'ai commencé à me reformer les callosités du bout des doigts de la main gauche. Ca a été un peu laborieux, mais la musique est revenue, avec un peu de toiles d'araignées, comme la belle au bois dormant.

Et hier, avec beaucoup d'émotion, j'ai pris en main cet instrument de légende. Et là, la magie a opéré. Les notes sonnaient clair, la musique se réveillait au fond de moi. C'était un peu comme le premier jour du printemps, quand les primevères commencent à sortir. J'ai beaucoup joué, les accord s'enchaînaient avec harmonie. C'était un grand moment de plénitude et de sérénité. Il faut avoir tenu un instrument de musique de cette qualité dans ses mains pour comprendre.

Et puis j'ai dû m'arrêter : le bout des doigts de ma main gauche est encore un peu tendre.

Donc, maintenant je vais jouer tous les jours. Dans quelques semaines, les callosités se seront formées et le jeu sera confortable.

C'est un cadeau très émouvant. La vie est belle.

Pour en savoir plus :
1. J'ai soixante ans (Chez Luc)
2. D-18 (C. F. Martin & Company)

Crédit photo : Luc

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2 Comments:

Anonymous Cédric said...

Tu as trouvé ton Stradivarius.

Je n'ai jamais réellement investi dans le prix de mes guitares ni même un jour cherché la perle rare.
Je le regrette car si j'avais su, peut être que jouer de la guitare me ferai encore plaisir.

Mais qui sait...

Cela m'a donné envie de trouver moi aussi mon stradivarius.

dimanche, 03 août, 2008  
Blogger Patrick said...

On attend un petit extrait en .mp3 dans deux-trois semaines...

dimanche, 03 août, 2008  

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